Nouvelles du suivi de la faune en Tanzanie

Texte écrit par Yves Hausser

Les résultats préliminaires du suivi annuel de la faune par pièges photographiques  réalisé par l’ADAP et IBA en 2019 dans la zone apicole de Mlele (ouest de la Tanzanie) sont très encourageants. En effet, ils révèlent la contribution à la conservation que peuvent jouer des aires protégées de faible statut dans lesquelles les communautés jouent un rôle de premier plan tant en matière de gouvernance que de gestion.

Les premiers résultats de la campagne de 2019 ont confirmé la présence continue de plusieurs espèces inscrites sur la Liste Rouge telles que le lycaon (Lycaon pictus, CR), le lion (Panthera leo, VU), le léopard (Panthera pardus, VU), l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana, VU), la girafe (Giraffa camelopardalis, VU) et le pangolin terrestre (Smutsia temmincki, VU).

Au-delà des espèces emblématiques, 56 espèces de moyens et grands mammifères sont suivies dans la zone apicole. Les indices d’abondance relative de la plupart des grands ongulés sont en augmentation (en particulier pour les buffles, les élans, les hippotragues noirs, les bubales et les hippotragues rouans) et la distribution de plusieurs espèces s’étend également.

La zone apicole de Mlele est vouée en premier lieu à la pratique de l’apiculture au profit des communautés locales, avec une production annuelle moyenne de 40 tonnes de miel de première qualité. Alors que la plupart des réserves forestières de la région sont confrontées à une déforestation rapide, à la diminution des populations de faune sauvage et à l’envahissement par des fermes illégales, il est vraiment motivant de voir que les efforts pour renforcer les capacités de gestion au niveau local portent leurs fruits.

La récente étude sur l’état des forêts réalisée par le Dr. Urs Bloesch d’Adansonia consulting a également confirmé que l’habitat forestier est bien conservé.

Enfin et surtout, à l’ère des solutions high tech et des budgets très importants, ces résultats ont été atteints grâce à un financement modeste mais soutenu dans le temps, grâce à notre bailleur la Fédération Genevoise de Coopération (le projet est en cours depuis 2002), et à un engagement important du personnel tant au niveau local qu’à Genève.

Dans la mesure du possible, nous pensons qu’il est préférable de conserver les écosystèmes et la biodiversité existants plutôt que d’intervenir activement pour les restaurer à grand coût après leur dégradation. Malgré ces résultats, les défis sont multiples et il reste encore beaucoup à accomplir pour assurer la durabilité des acquis pour les communautés locales et la biodiversité. En outre, l’ADAP développe de nouveaux projets pour répliquer l’approche à d’autres réserves forestières de la région.

Nos remerciements aux écogardes d’IBA pour leur engagement et leur dévouement dans leur travail de surveillance et de suivi écologique ! Merci également à la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HEPIA), à ses étudiants et à ses chercheurs pour le partenariat fructueux qui a conduit à la mise en place de ce suivi de la faune.

Vous trouverez ci-dessous une sélection d’images de la faune et de ses gardiens, les apiculteurs.