Des zones à changements rapides

La plupart des zones d’intervention de l’ADAP sont un quelques sortes les dernières « frontières » des processus d’extraction des ressources. Une fois que ces processus se développent, ils conduisent à des changements rapides au niveau local, contre lequel les acteurs communautaires sont souvent peu préparés et démunis. En ce sens, l’ADAP conçoit également ses partenariats comme des relations à long terme avec des partenaires locaux, et dans l’idéal elle ne voit pas nécessairement de fin au sens de désengagement, mais plus de transformation de la relation d’appui, d’un rôle moteur à ses débuts, à un rôle correspondant plus à une aptitude à répondre à des demandes / besoins de plus en plus spécifiques formulés par ses partenaires.

Enfin, de manière croissante l’ADAP s’investit dans des processus de plaidoyer au profit de ses partenaires locaux, elle soutient leur mise en réseau au niveau national et international et favorise leur insertion dans les réseaux de la société civile engagés dans la défense des droits des communautés.

Résultats et capitalisation d’expérience

Les deux projets dans lesquels l’ADAP et ses partenaires ont atteint des résultats significatifs tant en terme de développement local qu’en terme de conservation de la nature sont les projets qui ont été mené au Burkina Faso (2004 – 2016) et en Tanzanie (2002 – en cours).

En ce qui concerne le Burkina Faso, l’ADAP a participé avec plusieurs autres bailleurs a un processus de capitalisation sur l’expérience d’appui à la mise sur pied de zones de gestion communautaires des ressources appelées Zones Villageoises d’Intérêt Cynégétiques (ZOVIC) . D’un projet initié dans un village dans la périphérie rurale de Fada Ngourma, le projet s’est étendu à toutes les périphéries des aires protégées de l’Est du Burkina Faso et le partenaire local AFAUDEB a connu une croissance très importante, parvenant à obtenir des financements conséquents de différents autres bailleurs de fonds (IUCN, FFEM, UE, FARM Africa, etc.). L’ADAP mène en plus de cette capitalisation commune un processus de capitalisation propre, dont les résultats devraient être disponibles d’ici début 2018.

En ce qui concerne le projet Tanzanie, le processus est un peu différent. Des résultats très intéressants ont été atteints aussi bien dans le domaine du développement local que dans celui de la conservation de la biodiversité, puisque la réserve apicole gérée par Inyonga Beekeepers Association (partenaire local de l’ADAP) est de l’opinion des partenaires gouvernementaux la réserve la mieux gérée de la région. Elle produit par ailleurs des revenus significatifs puisque sur les 850 km2 de cet espace ont produits environ 40 tonnes de miel chaque année. Outre la conduite d’un atelier sur le futur des réserves forestières du District de Mlele conduit en septembre 2015 à Dar es Salam en présence de nombreux partenaires, l’ADAP prévoit de conduire au cours de la phase 2016-2019 une capitalisation de l’expérience menée dans l’ouest Tanzanien.