Stratégie d’intervention

Depuis sa création, l’ADAP mène des projets qui touchent à des domaines variés, complexes et interdépendants :

  • Gestion communautaire et durable des ressources naturelles par les populations locales
  • Gouvernance inclusive des espaces et des ressources naturelles
  • Conservation des écosystèmes et de la biodiversité
  • Développement d’activités génératrices de revenus compatibles avec la conservation
  • Recherche et éducation (sensibilisation aux questions de conservation et formation d’adultes)

Contexte d’intervention

En Afrique sub-saharienne, la modernité a contribué à désapproprier les communautés locales de territoires et droits d’accès, d’usages et de gestion des ressources naturelles, les confinant à l’illégalité pour utiliser les ressources naturelles nécessaires à leur stratégie de survie. Les zones dans lesquelles il reste de la biodiversité de valeur et des ressources naturelles intéressantes du point de vue de leur valorisation sont souvent excentrées, enclavées et ayant connu un faible développement. Elles sont également des zones où les services pour les populations sont peu développés (santé, éducation, agriculture) et les communautés locales sont caractérisées par un faible niveau d’éducation et une faible capacité d’influence politique. Les ressources naturelles sont fréquemment exploitées de manière non durable au profit d’acteurs externes (gouvernements et privés) et les communautés locales se voient nier toute aptitude et tout droit à gérer et à exploiter durablement les espaces et les ressources.

Logique d’intervention de l’ADAP

Avec  ses partenaires locaux, l’ADAP étudie comment, en fonction des contextes spécifiques, permettre la restitution d’une partie de leurs droits sur les espaces protégés et les ressources qu’elles contiennent dans le cadre des législations nationales existantes (gestion communautaire des ressources naturelles, co-gestion). Les principaux problèmes rencontrés dans des interventions de ce type sont relatifs aux capacités limitées des acteurs communautaires à répondre aux exigences des cadres législatifs modernes pour permettre ces transferts/rétrocession de droits au niveau local.

A titre d’exemple, alors que les aires protégées gouvernementales n’ont souvent pas de plans de gestion, les législations nationales exigent le plus souvent que les communautés en préparent pour les aires protégées de gestion communautaires afin de permettre les transferts de gestion.

De manière plus générale, les communautés manquent de compétences pour mettre en œuvre des processus de gestion répondant aux exigences légales modernes. Par ailleurs, les relations entre ces partenaires et les acteurs gouvernementaux et privés sont caractérisées par une forte asymétrie en défaveur des communautés locales et par un exercice du pouvoir souvent basé sur la contrainte, la coercition et les rapports de force entre les acteurs externes et locaux.

Rôle de l’ADAP et concepts des projets

Dans ce contexte, l’ADAP voit son rôle dans l’appui à des processus sur le long terme visant à :
favoriser l’organisation des communautés locales pour leur permettre de solliciter une rétrocession de leurs droits sur ces espaces et les ressources,
– appuyer les initiatives locales pour augmenter les revenus d’activités durables issus de ces espaces.

L’ADAP considère qu’il est important d’appuyer de manière participative deux grandes dynamiques de front :

  • Générer des revenus compatibles avec la conservation des espèces et des habitats

La dynamique vise, avec les acteurs locaux, à identifier des activités génératrices de revenus compatibles avec la conservation des habitats naturels et des espèces qui les peuplent – si possible en valorisant les ressources naturelles disponibles. Il s’agit d’un travail sur le long terme visant à développer les itinéraires techniques de filières de valorisation de ressource naturelles à l’image de l’apiculture, ou d’autres produits forestiers non ligneux. Ce sont des processus qui prennent du temps. Ils débutent souvent par un appui à l’organisation et la structuration des groupements de producteurs, pour ensuite initier deux démarches complémentaires : le renforcement des capacités organisationnelles et de gestion de ces groupements, et un processus de renforcement des compétences techniques liées à la collecte, aux processus de transformation, de conditionnement, de stockage, puis de commercialisation (marketing et packaging) nécessaire pour accéder à des marchés plus rémunérateurs. L’aboutissement de ces processus peut être une certification ou une labellisation des produits.

  • Mise sur pied d’espaces de conservation gérés par et pour les communautés locales

La seconde vise à soutenir la mise sur pied d’espaces de conservation gérés par et au bénéfice des communautés locales, ce qui implique fréquemment l’appui à des processus de transfert des droits de gestion du gouvernement aux communautés locales. En parallèle, un travail de renforcement des capacités de gestion des aires protégées communautaires est également nécessaire, particulièrement pour assurer la surveillance et le respect des lois sur ces zones. Enfin, lorsque la situation l’exige, un troisième axe qui est celui de la réhabilitation / restauration des écosystèmes représente un outil complémentaire important.

 

Enfin, l’ADAP conçoit son appui comme une démarche visant à soutenir les idées et projets initiés et développés par ses partenaires locaux (appui aux initiatives locales). En ce sens, si elle prend parfois un rôle important dans la gestion opérationnelle de ses projets par le biais d’équipes d’appui, elle ne se substitue jamais à ses partenaires locaux en ce qui concerne la prise de décision, mais joue fréquemment un rôle de facilitateur et de médiateur dans ces processus entre les acteurs communautaires, gouvernementaux et privés.

Objectifs de Développement Durable 2030

Les activités de l’ADAP répondent à pas moins de la moitié des Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés en septembre 2015 par les 193 Etats membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’ADAP est elle-même active dans ces domaines depuis la fin des années 90, ceci démontrant l’esprit avant-gardiste qui anime l’association depuis ses débuts.